Il y a 10 ans, la ligue avait découvert le prime de D-Wade

En plein milieu de l’intersaison -pas la période la plus fun pour les fans de NBA- on analyse et revient souvent sur la saison qui vient de s’écouler. En l’occurence, pour la Heat Nation ce n’était pas forcément une saison référence, avec comme seul évènement notable: une dernière belle saison pour notre père spirituel Dwyane Wade.

Au lieu de se lamenter de sa retraite récente et méritée, parlons de son prime, de son zénith individuel. Non, pas des playoffs 2006. Pas non plus du back-to-back aux cotés de LeBron, mais de la saison 2008-2009.

Il était une fois il y a 10 ans…

D’abord, un peu de contexte. Wade revient d’une sale blessure au genou (sa pire en carrière) contractée la saison précédente mais gagne ensuite l’or aux JO de Pékin pendant l’intersaison en étant meilleur marqueur de Team USA. Pour Miami, la saison 2007-2008 est terrible sur le plan collectif, l’équipe finit avec le pire bilan de la ligue, cependant Pat Riley a un plan: la free agency de 2010. Sur ce, le Heat cherche à se débarrasser des longs contrats à la trade deadline (bye Shawn Marion qui voulait un deal longue durée, hello Jermaine O’Neal) mais essaye aussi de se rajeunir et draft donc Michael Beasley (le plus haut drafté de l’histoire la franchise en 2ème position) ainsi que Mario Chalmers. Dernier point très important: L’intronisation d’un nouveau coach rookie qui remplacera le légendaire Pat Riley, en la personne d’Erik Spoelstra, toujours en poste à ce jour.

Le Madison Square Garden impuissant face à Wade depuis 2003.

Commençons donc. Wade entamait sa saison en bonne forme avec des matchs de haut niveau, ni plus ni moins que ce dont il nous avait habitué depuis sa saison sophomore. Première énorme perf’ individuelle en novembre à Toronto: 40 points, 11 passes, 5 contres à 53% au tir. Le match suivant? 38 points et 8 passes à 63% au tir contre Indiana. La machine était lancée.
Flash passait constamment la barre des 30 points avec une efficacité chirurgicale comme en atteste un match en janvier contre Atlanta avec 35 points à 13 sur 19 au tir, le tout en alimentant ses coéquipiers et en rafflant des interceptions à tour de bras.
En février, Wade allait sévir encore plus, surtout après le All Star Game (qu’il débutera évidemment comme titulaire), lors d’un match catastrophique de ses coéquipiers chez le voisin floridien: 50 points tout ronds, la première cinquantaine de sa carrière, avec un pourcentage encore une fois bien au-dessus de la moyenne pour un arrière.

Il ne s’arrêta plus, le match suivant c’était la bagatelle de 16 passes décisives distribuées (son record), accompagnées de 31 points. Vous en voulez plus? La semaine suivante c’était 46 points dont 24 dans le dernier quart lors d’un magnifique comeback contre New York, 8 rebonds, 10 passes, 4 interceptions et 4 contres. 2 nuits après? Il compilait 41 petits points, 7 rebonds, 9 passes et 7 interceptions (!!!) encore et toujours à plus de 50% au tir. Une vraie moissoneuse-batteuse alimentée à la nitroglycérine.

Notre performance favorite de la saison restera à jamais son interception clutchissime sur John Salmons en double prolongation contre Chicago, où il s’en ira traverser le parquet pour marquer à la dernière seconde for the win. 130-127. Debout devant un public en trance, regard tueur, des index qui indiquent son parquet, « This is my house » était né.

Wade ne fatiguait pas et allait continuer sur ce rythme infernal jusqu’à la fin de la saison. Il ne pourra cependant pas toujours ramener la victoire avec lui, devant porter sur son dos une équipe jeune mais surtout sans autre talent confirmé si ce n’est un Jermaine O’Neal vieillisant et un Michael Beasley de 20 ans.
Dernier match de la saison pour Wade, connaissant l’artiste, nous pouvions nous imaginer qu’il allait vouloir clôturer sa saison de belle manière. Chose plutôt réussie: Record en carrière contre une équipe qu’il adorera pulvériser pendant 16 ans, 55 points contre les Knicks, à une unité du record de la franchise détenu en ce temps par Glen Rice (56), battu depuis par un LeBron masqué (61). L’apothéose.

Il faut se dire aussi, si certains osent le comparer à d’autres scoreurs d’élite d’aujourd’hui, que la pace (moyenne de possessions sur un match et donc oportunités de marquer) de la fin des années 2000 était assez basse, surtout celle du Heat, et donc difficilement comparable au style de jeu très rapide et axé sur le tir à distance de ces dernières années.

Beaucoup de numéros, beaucoup de statistiques, mais Dwyane était avant tout l’un des joueurs les plus élégants et impressionants de la ligue. Malheureusement, grand nombre de suiveurs actuels de la NBA semblent oublier l’explosivité, l’agilité et la virtuosité du meilleur numéro 3 de l’histoire. Déclaré à 1m95, il est en réalité bien plus près du 1m90 comme le déclarait le très bien informé journaliste Ethan Skolnick dans un podcast récent, ce qui rend ses dunks brutaux sur Varejao et Perkins ou ses contres sur des golgoths comme Brook Lopez ou Dwight Howard encore plus ahurrisants.

Il y a 10 ans, Dwyane Wade était le joueur le plus complet de la ligue; dunks, eurosteps, backdoor cuts, circus shots, pump fakes, floaters, putbacks, feintes au post puis fadeway avec la faute… Il avait toute la bagatelle dans le sac et même s’il n’a jamais été un adepte du tir lointain, il était tout simplement indéfendable.

Miami finira la saison avec 43 victoires au cinquième rang de l’est et sera éliminé 4-3 au terme d’un rageant premier tour de playoffs par Atlanta, le tout peu après que South Beach apprenne que son protégé ne gagnera pas le trophée de MVP alors qu’il finira avec avec plus de points, passes, interceptions et contres que Kobe Bryant et LeBron James. Ce dernier glanera la récompense individuelle grâce à de meilleurs résultats collectifs. Wade terminera néanmoins All-NBA first team pour se consoler.

Flash avait un niveau offensif invraisemblable, mais contrairement à d’autres scoreurs, il ne lésinait pas sur la défense, étant même plutôt très doué de ce coté du parquet, grâce à une vitesse latérale, une discipline et une forme physique au summum. Il sera aussi nommé dans la All-NBA 2nd defensive team (3 fois au total lors de sa carrière).
Plusieurs analystes et journalistes compareront d’ailleurs sa saison à celles de Michael Jordan en 1988 et de LeBron James en 2013, grâce à leurs dominations offensives et défensives.

Quelques records et stats pour les affamés:

-Lors de cette saison, Wade devient meilleur marqueur de l’histoire de Miami à 27 ans seulement, dépassant Zo Mourning lors d’un match à 50 points contre Utah. Flash.
-Premier joueur de l’histoire à cumuler 2000 points, 500 passes décisives, 100 interceptions et 100 contres en une saison. Prédominant.
-Seul joueur de l’histoire avec 100 contres en une saison en mesurant moins d’1m96. Not in my house.
-Wade aida Miami à devenir la 2ème équipe de l’histoire à aller en playoffs après une saison avec seulement 15 victoires. Fondamental.
-30,2 points (meilleur scoreur de la ligue), 5 rebonds, 7.5 passes, 2.2 interceptions (2ème de la ligue), 1.3 contres à 49% au tir. Une ligne de stat unique et jamais égalée dans l’histoire de la NBA.

Le top 10 de Dwyane Wade de la saison 2008-2009

Paradoxalement, les plus belles actions de Flash seront surtout lors de la saison suivante, qui méritera aussi d’être profondément décrite dans un futur proche…

Let’s go Heat!

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