Erik Spoelstra, le parcours : de assistant vidéo à coach respecté en NBA, retour sur la carrière du maître à jouer du Heat

Erik Spoelstra est l’un des meilleurs coachs de NBA, c’est un fait. L’entraîneur, originaire des Philippines, a été promu au rang de head coach en 2008 par Pat Riley, après une saison catastrophique terminée avec seulement 15 victoires, de loin dernier de la NBA. Mais comme tout coach, Spo a dû passer par le bas de l’échelle. Retour sur le parcours de notre coach favori.

Tout commence en 1995, lorsque le jeune Erik Spoelstra, âgé de 24 ans seulement, est engagé comme coordinateur vidéo par Dave Wohl, alors General Manager de la franchise. Pour remettre dans le contexte, Miami termine la saison 1994-1995 à la dixième place à l’Est, après avoir envoyé Rony Seikaly à Golden State (deux jours avant le début de saison) et Grant Long et Steve Smith à Atlanta pour récupérer Kevin Willis. Le trade s’avéra perdant, Atlanta devenant un contender alors que le Heat manque les playoffs. Ce qui était finalement un mal pour un bien, puisque l’équipe floridienne engage juste après Pat Riley en tant que head coach et président des opérations basket. On connaît la suite : deux gros trades pour récupérer messieurs Alonzo Mourning et Tim Hardaway, qui changeront la face de la franchise. D’ailleurs, le père d’Erik, a une petite anecdote : « Contractuellement, Riley n’avait pas le droit d’amener son assistant vidéo, sinon, Erik aurait été licencié… » (Riley a été engagé peu de temps après Spo, ndlr). Comme quoi une carrière peut tenir à une petite ligne dans un contrat…

Le jeune Erik fait rapidement ses preuves et se retrouve en 1997 promu en tant qu’assistant coach, tout en restant coordinateur vidéo jusque la fin de la saison 1999. Il est ensuite promu comme scout avancé jusqu’en 2001, année où il devient directeur du scouting pour le Heat, tout en apprenant le boulot de coach aux côtés de Pat Riley. C’est donc en partie à lui que l’on doit les drafts de joueurs comme Caron Butler (2002), Dorell Wright (2004), ou un certain Dwyane Wade (2003). Finalement, en 2008, après une saison compliquée comme on a déjà pu le mentionner, et juste après le dernier match, le Parrain laisse sa place sur le banc au jeune Spo, alors âgé de seulement 37 ans. Il devient par la même occasion le premier coach Asio-Américain de l’histoire, et le plus jeune de la Ligue en 2008.

La suite, on la connaît. Riley draft Michael Beasley en seconde position ainsi que Mario Chalmers (<3) en 34e choix, Dwyane Wade réalise sa meilleure saison en carrière avec 30,2 points par match, et le Heat renoue avec la victoire en gagnant 43 matchs, finissant 5e à l’Est. Miami s’incline finalement 4-3 face aux Hawks emmenés par Joe Johnson et les jeunes Al Horford et Josh Smith. Mais ce n’est pas grave, la légende Spo ne fait que démarrer. En 2010, le jeune coach récupère donc dans son effectif Chris Bosh et LeBron James. Et avec ce dernier, ce n’était pas de tout repos. En plus d’avoir réussi à créer une hiérarchie dans son trio de stars (ce qui a pris du temps), Spo devait gérer la pression médiatique qui s’abattait sur son équipe. Les débuts du Big 3 n’étaient pas très bons, avec un bilan de 9-8 pour commencer la saison, perdant notamment deux fois face à Boston, l’équipe qui avait éliminé LeBron des derniers playoffs. Pat Riley raconte : « Je me souviens de LeBron qui me regarde et dit ‘Ca ne te démange pas ?’, ce à quoi j’ai demandé ‘Qu’est-ce qui me démange ?’, il m’a répondu : ‘De coacher à nouveau’. Il n’a rien dit de plus et moi non plus. Mais je sais ce que ça voulait dire ».

Riley avait confiance en son jeune coach. Spo sortait de deux bonnes saisons, avec des playoffs, mais n’importe qui aurait eu du mal à gérer trois superstars, dont le meilleur joueur de la Ligue, en ayant seulement deux saisons d’expérience. Surtout avec l’effet LeBron et tout ce que ça implique médiatiquement. Et finalement, Riley a eu raison de croire en son poulain. Le Heat va en Finales en 2011 et malgré la défaite face aux Mavs, en partie à cause d’un mauvais LeBron, l’équipe continue sur sa lancée pour aller chercher trois autres Finales, avec deux titres en 2012 et 2013.

Et le légendaire GM continue de croire en lui. Car même après le départ de James ou celui de Wade, Spoelstra arrive à garder son Heat compétitif quasiment chaque année. Même si l’équipe manque les playoffs en 2015, notamment à cause des blessures de Bosh et Wade, Miami revient plus fort en 2016 pour un run remarquable, terminant à la troisième place de l’Est, et étant tout proche de l’upset face aux Raptors dans une défaite 4-3.

S’il y a bien une chose que Spoelstra sait faire, c’est tirer le maximum de ses joueurs. Les exemples récents ne manquent pas : Hassan Whiteside, Tyler Johnson, Kendrick Nunn, Josh Richardson. Trois de ces joueurs n’ont pas été draftés, et le dernier était le 40e choix de la draft 2015. Si le scouting du Heat est excellent, il est sublimé par ce coach, mettant en valeur les qualités des joueurs qui passent par son effectif.

Erik Spoelstra est donc un excellent coach, parfaitement adapté à la Culture du Heat de Miami, et respecté dans toute la Ligue. Sa longévité sur un banc NBA est la plus longue derrière Gregg Popovich, et il affiche aujourd’hui un bilan de 523 victoires pour 363 défaites en saison régulière (74-47 en playoffs). Un titre en tant qu’assistant, deux en tant que coach principal, voilà une des raisons pour lesquelles Spo sera notre coach jusqu’en 2024.

Pour les plus anglophones d’entre vous, on vous laisse sur ces paroles de Riley.

« Quand on a pu récupérer LeBron, Chris et Dwyane, et tout le reste, nous avions le bon coach au bon moment »

Sources images : coachspo.com / gettyimages

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