Goran Dragic: Un titulaire devenu indispensable remplaçant

Un sixième homme indispensable

Nous sommes début septembre 2019. Depuis désormais quatre saisons et demi, Goran Dragic est le meneur du Heat de Miami. Il a presque tout connu, que ce soit les séries jouées en sept match en playoffs ou les saisons où il a pu partir en vacances dès mi-avril. Mais toujours, le meneur slovène a eu l’occasion de diriger en tant que titulaire une équipe compétitive et qui ne lâchait rien.

Difficile de douter donc de la compétitivité du bonhomme et c’est pour cela qu’en ce début septembre, Spoelstra a du faire preuve d’intelligence lors d’un brunch qui aurait pu avoir une finalité complètement différente. Un petit café aux côtés d’un petit oeuf et le coach du Heat devait se lancer:

 » Que penses-tu du fait de sortir du banc ? « 

Nombre de joueurs auraient placé leur égo juste entre cette phrase et la réponse qui allait suivre. Comme Carmelo Anthony l’a fait notamment, pourquoi devenir remplaçant quand on a un bon niveau, qu’on a été all star y a moins de deux ans et qu’on a prouvé dans cette équipe depuis plusieurs années ?

Tout simplement parce que l’équipe en avait besoin. Et c’est là que Goran Dragic et son intelligence ainsi que Spoelstra et ses arguments ont fait leurs preuves:

Il m’en a parlé lors du brunch et il a dit qu’après ma blessure, il pensait que c’était la meilleure manière de faire. Je lui ai répondu « Peu importe coach, je ferai tout ce que tu me demanderas ». Avec le recul, ça parait simple, mais quand tu discutes avec Spo et que tu entends ces mots, c’est comme un choc. Mais à la fin, tu finis par avancer.

Ainsi, lors d’une discussion avec Spoelstra et dans une ligue où chacun se bat pour ses minutes, pour son rôle et pour son impact, Goran Dragic a accepté le fait de sortir du banc, malgré la tristesse qui provient du fait qu’il soit en un énorme compétiteur.

Finalement, tu joues au basket. Je fais mon boulot et je suis prêt à aider mon équipe. Rien n’a changé. Bien sûr, tout le monde espère être titulaire. Je ne vois plus ça comme ça. Tout va bien, je suis performant, je joue beaucoup et je joue les fins de match. Tout ce qui compte, c’est la victoire. On a une grosse profondeur d’effectif. Tant que l’on se partage la balle et que l’on joue tous ensemble, tout se passera bien.

Erik Spoelstra considérait qu’il devait au moins ça à son arrière européen et que la demande qu’il lui faisait était plus une discussion ouverte d’esprit plutôt qu’une obligation à assumer un rôle qu’il n’avait jamais eu avec cette équipe. Le coach du Heat assure qu’il fallait que Dragic accepte de lui même cette demande, et pas qu’on lui impose, sans quoi il ne serait de toutes façons pas performant. Et Dragic l’a compris:

Je vois ça comme ça: Si tu ne l’acceptes pas, tu joueras mal et tu te sentiras mal. Je suis un professionnel, je veux faire mon boulot, je veux être là pour mes coéquipiers. C’est pas forcément facile, mais je veux le faire pour eux. Je l’accepte et ça fait partie de moi. Comme je le dis souvent, j’aime Miami et j’ai une super vie, faisant le métier que de nombreuses personnes rêveraient de faire.

Et c’est ainsi que Goran Dragic accepta ce rôle qui aujourd’hui lui sied tant. Un rôle dans lequel, il est de plus très performant.

Avec 16 points et 5.1 passes cette saison, mais aussi et surtout 29 minutes de temps de jeu, le meneur répond aux attentes et prouve sur le terrain que l’équipe peut lui faire confiance dans ce rôle fondamental.

Il se retrouve ainsi décisif en sortie de banc, dans une association où il peut faire jouer à sa guise les autres remplaçant comme Kelly Olynyk (qui est de plus en plus dépendant de Goran Dragic) mais aussi Tyler Herro à qui il apprend le métier et Chris Silva quand ce dernier a du temps de jeu.

Mieux encore, il apporte une variation de jeu avec beaucoup de pick and roll (et surtout pick and pop) qu’il réalise à merveille et le tout face à des joueurs le plus souvent moins fort que lui et sortant du banc adverse, un peu à l’image de Lou Williams chez les Clippers. Sa capacité de gestionnaire est, comme dit plus haut pour Olynyk, quelque chose d’une énorme importance sur la banc, et même parfois avec les titulaires quand il joue avec eux, dans cette équipe qui manque tant de manieur de ballon talentueux.

Ce rôle ne lui empêche cependant pas d’être quasi indispensable pour l’équipe car il profite toujours des moments dont chaque compétiteur raffole: les fins de match. Et comme on a encore pu le voir face aux Sixers, il est toujours capable de faire gagner son équipe et c’est ça le plus important et ce qu’il souhaitant tant pouvoir réaliser.

Ainsi, avec une efficacité des plus intéressantes (45% aux tirs, 40% à 3 pts), 55.6% d’eFG (93ème percentile) il n’est pas complètement dingue de pouvoir en plus le considérer comme un possible candidat au trophée de sixième homme cette saison.

Un leader fondamental

Mais encore plus que le sportif Goran Dragic, ce qui aurait pu nous coûter beaucoup lors de l’intersaison et le possible échange avec les Mavericks, ç’aurait été la perte de l’être humain.

Car comme vous avez pu le constater dans ces déclarations ci-dessus, Goran Dragic est un homme intelligent. Un homme et un joueur faisant toujours passer le bien de son équipe devant son bien personnel. Un homme qui sied parfaitement à la mentalité Miami Heat et qui explique aussi beaucoup pourquoi tant de fans l’adorent.

A l’inverse d’autres joueurs, la perte d’un tel « cerveau » aurait pu être préjudiciable. En plus d’être intelligent sur le terrain et en dehors, il est quelqu’un de réfléchi, encore plus durant les 48 minutes où la balle est en jeu. Et toutes ces choses lui permettent aussi d’être un leader tant apprécié dans le vestiaire. Ce n’est pas pour rien si Jimmy Butler affirme très régulièrement que Dragic est la personne qu’il préfère dans cette équipe.

Sa capacité de leader a d’ailleurs pu être observable très récemment, lorsque Dion Waiters à rejoint le groupe après sa troisième suspension, et que Dragic lui déclara:

Allez oublie toutes ces histoires maintenant. C’est terminé. Tu peux rien n’y changer. La seule chose sur laquelle tu peux agir maintenant désormais, c’est toi-même et le futur. Viens et sois prêt chaque jour. Travaille dur et il ne peut que t’arriver de bonnes choses par la suite. »

Avec un tel apport, sur et en dehors du terrain, difficile de voir comment le Heat pourrait se passer de Goran Dragic, malgré les résultats plutôt positif en son absence. Cependant, avec le marché des transferts qui vient de s’ouvrir, et sa possible fin de contrat cet été, il est compliqué d’imaginer ce que pourrait être le futur du meneur slovène en Floride.

Le plus intéressant serait clairement un nouveau contrat, à un salaire moindre et un rôle identique, mais est ce que Goran continuera de croire à tout cela… On l’espère tous.

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