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Heatstory

Le Big Three du Heat: une construction splendide pour une équipe légendaire

La construction du big three est un modèle de gestion d’effectif et de connaissance du CBA. Pouvoir signer trois All-Star et futurs All Of Famer n’est pas une mince affaire et pourtant, Pat RIley a réussi le quasi impossible en 2010. Voici l’ensembles des mouvements de la constructions à la destruction du trio le plus célèbre de Floride.

Durant l’été 2010, Pat Riley a réussi le défi de monter une équipe des plus compétitives, une équipe légendaire qui aura marqué l’histoire NBA. Mais la construction et la gestion d’un tel effectif n’est pas une mince affaire. Petit récit de la construction à la destruction de l’histoire du Big Three.

Nous sommes en 2010. Plus précisément le 8 Juillet 2010. Ce jour où l’ensemble de la NBA et de ses fans à travers le monde a vécu un tremblement de terre jamais vu dans l’histoire de la balle orange. Ce jour-là, à la télévision nationale, LeBron James déclare qu’il rejoint le Heat de Miami après 7 ans à Cleveland, pour former un trio qui s’annonce inarrêtable avec Dwyane Wade et Chris Bosh, fraîchement arrivé. Financièrement, cela peut paraître impossible que trois si gros joueurs, des All-Star indiscutables voire des MVP (Chris Bosh est un peu en dessous), puissent rejoindre une seule et même équipe en respectant les règles si précises du salary cap et autre CBA. Et pourtant, cet été 2010, Pat Riley l’a réussi.

L’avant 2010: la mise en place involontaire des premiers pions

Pour réussir cela, le front office a du gérer plusieurs choses et surtout, avoir de la chance. D’une première part, avoir un si gros vivier disponible la même année de free agency est plutôt rare et d’une seconde part, il faut toujours avoir un peu de chance avec la durée des contrats déjà présents pour avoir une place minimale en terme de salaire. Cependant, quelques premiers mouvements ont été réalisés avant cet été 2010.

Tout d’abord, revenons à la saison 2007-2008. Après avoir été sorti de manière violente au premier tour des playoffs la saison passée, Miami repart sur de bonnes bases. Malheureusement les choses vont vite mal tourner et les départs de Shaquille O’Neal (Suns) et Alonzo Mourning (plage) vont faire beaucoup de mal, qui plus est avec un Dwyane Wade qui devra mettre un terme à sa saison au bout de 50 matchs à cause de ses soucis de genou. Ainsi, Pat Riley réalise rapidement qu’il va devoir se concentrer sur la lottery et la draft plutôt que sur les playoffs et les finales de juin. Le Heat va dégringoler dans le classement et finira dernier de l’Est, se faisant voler le premier choix de draft à la lottery par des bulls venus déjouer les statistiques (1.7% de chance d’obtenir le premier choix). Ainsi, Derrick Rose partira du côté de Chicago et Miami aura le choix en seconde position. C’est ici que débutera l’un des plus gros What If de l’histoire NBA. Car avec ce second choix, et malgré la disponibilité de joueurs tels que Russell Westbrook, Kevin Love ou autre OJ Mayo, le Heat choisira Michael Beasley. Aujourd’hui, cela semble être une erreur monumentale mais à l’époque, cela se tenait tout à fait. Cependant, ce choix changera tout.

Car quel aurait été l’avenir du Heat si ils avaient drafté un Russell Westbrook qui aurait été performant ? Il aurait pu former un duo de choc avec Dwyane Wade, poussant le Heat à croire en lui et à le resigner quelques années plus tard tout en faisant une croix sur l’idée de Big Three, par envie de continuer la construction. Mais grâce/à cause des difficultés de Michael Beasley, le front office de Miami n’aura pas l’intérêt de se poser la question lors de l’été 2010. Pas au niveau attendu, il sera échangé le 12 Juillet 2010 pour faire de la place pour les deux monstres arrivants de l’Ohio et du Canada.

En plus de ce cas Beasley, de nombreux autres joueurs sont impactés par cette volonté de recruter LeBron James et Chris Bosh. Parmi eux, Jermaine O’Neal qui était free agent cet été de nouvelle décennie et dont le Heat a lâché les droits à l’intersaison, avant qu’il ne signe deux ans à Boston. Autre exemple de victime: Quentin Richardson qui avait été tradé quatre fois en deux mois au début de l’année et qui termine son énorme contrat de 6 ans à l’intersaison 2010 (raison de son recrutement par Miami), permettant ce que tout le monde connait désormais.

A gauche: l’effectif et les salaires en 2009-2010. A droite, l’effectif et les salaires en 2010-2011 (Patrick Beverley sera coupé à l’aube de la saison)

Juillet 2010: la construction grâce au CBA

De retour donc à ce 8 juillet 2010. Après quelques rumeurs qui pouvaient annoncer que Wade rejoindrait les Bulls, la déclaration de Bosh ne faisait plus aucun doute. Un grand projet prenait forme au sud de la Floride. La veille de ce 8 juillet, le raptor confirmait qu’il avait fait le choix de rejoindre Dwyane Wade au Heat, formant ainsi un duo arrière-intérieur, potentiellement inarrêtable, en attendant la décision de James qui hésitait toujours officiellement entre les Cavs et le soleil Floridien. C’est sur ESPN, en direct à la télévision nationale, que le “King” déclara finalement qu’il tirait un trait sur son passé pour aller compléter l’armada aux côtés de son meilleur ami.

Mais comment cela est-il possible d’un point de vue financier ?

Initialement, les deux nouveaux arrivants étaient partis pour rejoindre le Heat en tant que simple free agent, comme n’importe quel joueur en fin de contrat. Cependant, les finances des champions 2006 et le salary cap ne permettait pas la construction d’un effectif assez complet pour viser le titre si les trois superstars ne lâchaient pas un partie de leur salaire dans l’opération.

Heureusement pour le Heat, une règle du CBA permettait d’aider à contourner ces petits soucis. A la place d’un contrat initial de 96 millions sur 5 ans avec un salaire de 16.6 millions touchés la première année, LeBron James et Chris Bosh allaient finalement prolonger dans leurs anciennes équipes… pour mieux rejoindre le Heat.

Cette nouvelle règle du CBA (disparue aujourd’hui) permettait en effet aux joueurs de resigner (ou prolonger) dans leur équipe de “toujours” sur une durée de 6 ans (et non 5 en cas de signature directe à Miami) et 125.5 millions. Ainsi, les joueurs signent pour un an de plus, le tout avec une augmentation salariale plus importante (10.5% d’augmentation par saison au lieu de 8% lors d’un changement d’équipe). Resigner dans leur équipe reviendrait donc à gagner 125.5 millions sur 6 ans au lieu de 96.1 sur 5 ans maximum. Grâce à tout ce procédé, Bosh et James ont pu ainsi faire le choix de prendre moins de salaire que possible la première année (Ils prendront 14.5 millions de salaire au lieu de 16.6 millions la première année, pour un total final de 110 millions sur 6 ans), le tout sans finalement trop perdre d’argent (15 millions en totalité) car l’augmentation salariale de 10.5% au lieu de 8% permet de compenser en partie cette perte par la suite (S’ils avaient signer directement, la signature maximale étaient de 96.1 millions sur 5 ans, sans pouvoir recruter autour de par l’atteinte du cap).

Le type de contrat qu’ils pouvaient signer (sans prendre en compte le fait que les 3 allaient prendre moins que le maximum) en fonction de si ils restaient dans leurs équipes (première ligne) ou s’ils signaient directement à Miami (seconde ligne)

Ces quelques millions d’économisés sur la première année de ces trois contrats (car Dwyane Wade signera pour exactement le même principe mais encore moins cher: 107.5M sur six ans) ont notamment permis de resigner Udonis Haslem (5 ans et 20.3 millions), déterminant dans les futures courses au titre et dans son rôle dans le vestiaire, mais aussi de récupérer Mike Miller (29 millions sur 5 ans), dont la fondamentale importance dans les deux titres n’est plus à prouver aujourd’hui. Ces deux signatures n’auraient probablement pas été possibles sans cette petite règle du CBA. De plus, durant ces 4 années de Big Three, et ce grâce à l’attractivité de la franchise due à la compétitivité de l’équipe, Pat Riley aura la possibilité de signer de nombreux joueurs, à des contrats minimums ou plus que rentables comme ceux de Shane Battier, Ray Allen ou autre Chris Andersen. Au total, 34 joueurs différents porteront l’uniforme du Heat sur ces quatre années.

Cependant, les signatures de LBJ et Bosh dans leur franchise provoquera un nouveau soucis à Pat Riley: Désormais, il lui faut envoyer une contre-partie aux Cavs et aux Raptors pour pouvoir réaliser l’arrivée des joueurs sous forme de sign and trade. Il faut aussi finaliser le transfert de Michael Beasley à Minnesota contre un 1er tour en 2011 et le second tour de draft 2011 (pour un total de 5 millions d’économies).

Les monnaies d’échange

Afin de rendre ces échanges plus compréhensibles étant donné les nombreuses pièces mises en place, voici une carte mentale des deux transferts, ce qu’il a été utilisé pour les réaliser et ce qu’ont donné les picks échangés.

LeBron James
(en orange, ce contre quoi le joueur a été échangé, en bleu ce qu’à donné la monnaie d’échange et en vert d’où provient la monnaie d’échange)
Chris Bosh
(en orange, ce contre quoi le joueur a été échangé, en bleu ce qu’à donné la monnaie d’échange et en vert d’où provient la monnaie d’échange)

Sans vouloir analyser pièce par pièce chaque partie des deux échanges, on peut tout à fait se rendre compte que finalement, ce sont des trades bien plus “arrangeants” de peur de ne rien récupérer lors de la perte des All-Star que des échanges purement équilibrés. Les pièces finales envoyées par Miami ne sont clairement pas aussi importantes que le niveau des deux joueurs. Le gros contenu de ces cartes mentales permet tout autant de comprendre à quel point une telle construction d’effectif est compliquée, que ce soit dans l’alignement des salaires ou dans la gestion du nombre de joueurs et de picks (qui plus est avec la Stepien Rule) pour satisfaire tout le monde. Pat Riley a du oeuvrer grandement et rapidement pour monter tout ça (avec l’aide de son staff évidemment) et réaliser ce qui est aujourd’hui encore une masterclass.

Petit “fun fact”, le pick 2011, utilisé dans l’échange de Chris Bosh, est revenu rapidement à Miami en la personne de Norris Cole, joueur important lors des années Big Three.

La suite de ces gros contrats

Comme vous le savez probablement, cette équipe a par la suite remporté deux titres, dont un devenu légendaire face aux Spurs, le tout en quatre finales. Au passage, LeBron James embarquera deux titres de MVP, amplement mérités. Cependant, la construction ou plutôt désormais, la destruction de cette équipe si légendaire, arriva plus vite que prévue…

Car après des années de victoires, probablement lassantes et fatigantes pour certains (amenant une défaite inévitable face à des Spurs bien trop forts), cette équipe a été consumée. Ou plutôt, LeBron James a choisi de retourner dans sa ville natale, ce qui a forcément diminué le niveau globale de l’équipe et la possibilité de jouer le titre du côté de Miami, et ainsi terminé la période Big Three. Mais une dernière question se pose:

Comment LeBron James est-il parti alors que le contrat était d’une durée de 6 ans ?

La réponse est très simple. Dans le contrat signé en 2010 avec leurs équipes respectives, James et Bosh possédaient une “Early Termination Option”: Celle-ci permet au joueur ayant signé le contrat de rompre ce dernier plus tôt (il faut attendre minimum 4 ans) afin d’en signer un nouveau. Ainsi, c’est en 2014, 4 ans jour pour jour après leurs arrivées, que Bosh et James font le choix d’utiliser cette option, pour tourner la page.

Du côté du quadruple MVP, il fera donc le choix de revenir dans sa première équipe et dans sa ville natale. Pour cela, il signera un contrat de deux ans et 42.2 Millions de dollars. Ce choix, difficile de lui en vouloir étant donné les raisons officielles avancées mais la tristesse de son départ et même certaines colères étaient bien présentes.

Chris Bosh choisira quant à lui de rester en Floride, où l’équipe reste compétitive, avec un énorme contrat de 5 ans et 118 Millions. Un tel montant est dû à trois facteurs: le départ de LeBron James et la place laissé dans le cap, une offre importante de Houston qui voulait absolument le dino et bien sûr le mérite pour avoir récupéré un rôle dans lequel il a du se sacrifier durant quatre saisons.

Malheureusement, ses cailloux sanguins le rattraperont et son contrat qui dure jusqu’en 2019 sera explosé en 2017, sur une méthode de payement (par les assurances) bimensuelle de 434 393 dollars et ce jusqu’au 1er novembre 2022 (soit 868 786 dollars par mois).

Pour terminer avec le membre le plus important du Big Three pour les fans de Miami, Dwyane Wade prolongera à Miami avec Udo, malgré quelques rumeurs l’envoyant à Chicago (franchise dont il n’a JAMAIS porté le maillot), avant de prendre sa retraite en 2019.

C’est ainsi que cet été et le départ définitif de Wade, la fin officielle de toute trace du Big Three a disparu, même si Udonis Haslem en bon rescapé reste toujours présent. La construction de l’équipe fût splendide, son déroulement légendaire et sa démolition progressivement triste. Mais l’héritage et les bons souvenirs persisteront, et c’est probablement ça le plus important.

Fan du Heat depuis la belle époque du Big Three, je me balade souvent sur le site InsideBasket pour développer d’autres écrits que ceux de Miami, voire sur InsideTheHoop pour discuter entre amis.

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