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Chris Silva, son parcours et son rêve le plus fou

Petite surprise du début de saison quand il a du temps de jeu, Chris Silva rappelle quelqu’un que les fans du Heat connaissent bien quand il est sur le terrain: Udonis Haslem. Sauf que ces derniers jours, l’intérieur Africain a fait parler de lui d’une autre manière: de par son côté humain.

Chris Silva est un rêveur, un gros rêveur qui ne pense qu’à une chose: réussir sa carrière et faire venir sa famille avec lui. Car contrairement à une majorité de joueurs NBA, Silva n’est pas né sur le continent Américain et encore moins aux USA.

L’intérieur est né à Libreville, la capitale du Gabon, au bord de l’océan Atlantique Sud. Après avoir grandi dans son pays natal, il se lance dans une aventure qui changera considérable sa vie, celle du rêve américain.

A seize ans, le rookie du Heat décide de prendre 4 avions différents de son pays à New York, pour essayer de faire carrière. Sans connaître un seul mot d’Anglais, ni même avoir déjà joué dans une réelle équipe de Basket, il arrive aux USA avec une seule idée en tête: aller en NBA.

Pour cela, il a dû rejoindre la seule partie de la famille avec qui il peut avoir un lien de ce côté de l’océan, son oncle Miguel qui habite Boston et qui est désormais son tuteur. Ce dernier, est resté longtemps éveillé lors du trajet aller de son neveu, qui n’avait donc que 16 ans et qui n’avait jamais pris l’avion de sa vie. (alors qu’il en prit 4 différents).

Une fois cette première aventure terminée, Chris a pu commencer son projet, en jouant au basket au lycée catholique de Rosselle.

Mais très rapidement, le pivot du Heat a ressenti le mal du pays. Et son oncle a pris l’affaire en main:

Il se sentait seul. Il voulait voir sa mère ou son père. Mais il ne le pouvait pas. A un moment donné, l’école m’a dit qu’il voulait rentrer voir sa famille. Je leur ai dit que j’allais lui parler et je lui ai dit que le comprenais, que j’ai aussi vécu ça et qu’au bout de trois mois je voulais rentrer à la maison mais qu’il n’avait pas de quoi s’inquiéter, qu’il y avait des gens qui l’aimaient ici.

C’est grâce à ces paroles que Baby Udo a repris la confiance et l’envie de continuer à se battre, tout en donnant des nouvelles régulières à sa famille évidemment.

Et ainsi, il remportera le championnat d’état et rejoindra l’université de Caroline du Sud (South Carolina).

Durant ses quatre saisons loin de chez lui et dans la conférence SEC, Silva aura un impact fondamental. Car après une première saison d’adaptation où il sortira du banc, l’intérieur va s’imposer pour les trois années suivantes comme un joueur phare et fondamentale de l’équipe qui ira au final four lors de sa première saison en tant que titulaire indiscutable. S’inclinant face à Gonzaga, Chris Silva et son équipe ne lâcheront rien et si les résultats sont moins présents les années suivantes, Chris Silva reste un monstre dans les raquettes. Il obtiendra ainsi le titre de défenseur de l’année de la SEC en 2017-2018, fera une apparition dans la All-SEC (équipe comme la All NBA mais en NCAA et par conférence) en 2018-2019 mais sera aussi parmi la SEC All-défensive team ses deux dernières années.

Avec 11.3 points, 6.5 rebonds, un PER de 23.9, une défense de fer et donc enfin de l’expérience dans le Basket, Chris Silva espère enfin réaliser l’un de ses deux rêves, rejoindre la NBA.

Silva et Miguel

Malgré cela, et pour cause d’âge avancé et faible expérience notamment, Silva ne sera pas drafté en NBA. Mais un front office veille au grain et il participera avec le Heat de Miami à la Summer League, lui permettant de signer un two-way contract dans la foulée.

Car plus que son talent, c’est son envie et son énergie qui fait que Silva s’en sort dans le Basket. Et son oncle est là pour lui rappeler pourquoi:

C’est sa famille qui le motive. Je vais être honnête avec vous, nous sommes très pauvres là-bas. Je dis toujours à Chris “Rappelle toi d’où tu viens”.

Parce que la maison dans laquelle on vivait et d’où il vient, n’a même pas l’eau courante. Chris devait faire 25 minutes de marche pour aller chercher de l’eau pour qu’ils puissent se doucher. C’est fou. Quand il pleut, il y a des trous dans le plafond et on doit mettre des seaux entre nous quand on dort pour pas que le lit soit mouillé. Nous ne sommes pas riches, on vient d’une famille pauvre.

Et c’est comme ça que son premier rêve fut bouclé le 23 octobre 2019, lorsque Silva, en plus de jouer, réalisa ce qu’il avait accompli quand Miguel (qui était présent) le prit en vidéo lors de sa présentation pour envoyer le tout à sa famille, si fière de lui.

Depuis, le nouveau Udo a fait du chemin et s’il n’a pas toujours du temps de jeu, a un impact considérable lorsqu’il joue. Tout le monde, et principalement Spoelstra, le tarit d’éloges et il fait partie des belles histoires de l’année… C’était sans compter sur un petit entraînement de Noël.

Car depuis son arrivée en 2012, Chris n’a toujours pas réalisé son second rêve et probablement le plus important émotionnellement parlant. Voir sa famille, chez son nouveau “chez moi”. Il a bien eu l’occasion d’aller la voir, quand il était sophomore à South Carolina, mais ce n’était que deux semaines et qu’est-ce deux semaines sur 8 ans quand on est adolescent/jeune adulte ? Rien.

Comme Silva le dit lui même “Je pense qu’en dehors de Miguel, personne de ma famille ne m’a vu jouer au basket”.

Ainsi, avec 3.7 points, 3.3 rebonds à 70% aux tirs, Silva se rapprochait de plus en plus de ce rêve. Mais lors de cet entraînement, qui deviendra mémorable, Erik Spoelstra aura eu l’occasion avec l’aide de NBA Africa, de la NBA dans l’ensemble et du Heat, de réaliser un geste magnifique pour son joueur: faire venir sa maman sur place pour le voir jouer.

Pour certain ce geste n’est probablement pas grand chose. Pour Silva c’était tout: son rêve le plus fou.

Et c’est d’ailleurs Spoelstra qui le résume le mieux:

« C’était dans les cartons depuis environ un mois et j’étais tellement nerveux quand j’ai rassemblé les joueurs. C’est un des moments les plus spéciaux que j’ai vécus dans cette profession et dans cette organisation. Pouvoir faire en sorte que ce soit possible, vivre ça et que Chris vive ce moment, c’était vraiment incroyable. Puis voir ces halètements et les réactions de ses coéquipiers, c’est quelque chose dont je me souviendrai longtemps. Lors du training camp, un soir lors d’une de nos sessions, certains jeunes joueurs ont raconté leur histoire à l’équipe. Et l’histoire de Chris est sortie du lot. Ca a été incroyablement courageux de sa part de venir dans un nouveau pays, alors qu’il ne parlait pas la langue, ne connaissait personne, pour poursuivre un rêve. Et nous avons le sentiment d’être un endroit où nous pouvons réaliser des rêves. Mais j’avais des frissons, tout le monde avait des frissons lorsqu’il a raconté cette histoire. Puis 3 mois pus tard vivre quelque chose comme ça, je le garderai avec moi pour le reste de ma carrière. »

Deux rêves dingues, réalisés en 2 mois mais après des années de travail et de souffrance. Chris Silva a réalisé ce qu’il souhaitait de plus fou, après une vie des plus difficile. Et il ne s’arrêtera pas là !

Source: Miami Herald et Basket Infos

Fan du Heat depuis la belle époque du Big Three, je me balade souvent sur le site InsideBasket pour développer d’autres écrits que ceux de Miami, voire sur InsideTheHoop pour discuter entre amis.

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