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Analyse

La trade deadline: rumeurs, échecs et réussites

Ce jeudi-soir avait lieu la célèbre trade-deadline NBA. Cette soirée où (souvent) tout s’excite et où les plus friables de dirigeants font des erreurs devant des collègues réussissant le coup de l’année. Voici ce qu’il s’est passé, ou ce qui aurait pu se passer du côté de Miami.

1) Le transfert de Nemanja Bjelica

Pour débuter tranquillement la soirée et alors que le voisin Floridien fait tout sauter, le Heat a commencé par bouger un petit pion pour visualiser un peu mieux la partie d’échec qui s’annonçait quelques heures plus tard.

Ainsi, c’est Nemanja Bjelica qui quitte le soleil de Californie pour rejoindre celui de Floride et en échange, Miami envoie l’échec Moe Harkless et la belle histoire Chris Silva.

Quel intérêt pour ce transfert ? Il y en a deux:

D’une part, le Heat se renforce un peu au poste 4 avec un joueur capable de jouer dans un style similaire à Kelly Olynyk (à cette heure là, toujours un membre du Heat). Moins bon défenseur global, Bjelica reste néanmoins un basketteur au QI général très intéressant et aux capacités offensives très utiles à son poste, qui plus est lorsque l’on sait qu’Ariza permet une alternative en cas de besoins défensifs. C’est un joueur pouvant prendre feu offensivement par séquences et généralement solide à longue distance. En carrière, le Serbe tourne à 39% de réussite, malgré son pauvre rythme actuel, dans des Kings en difficultés, avec une réussite de 29% sur les 26 matchs qu’il a pu jouer avec les champions 2002 l’équipe de Sacramento cette saison. Mais en opposition, il avait réalisé une très bonne partition dans cette même équipe, l’an passé, avec 11.5 pts à 41% de réussite auxquels s’ajoutaient 6.5 rebonds et 3 passes. Avec 35% de réussite extérieure cette saison, pour une bien triste 27ème place, le Heat aura bien besoin de son apport ponctuel !

D’une seconde part, ce transfert permet, et nous verrons dans le papier que ça vaut son pesant d’or, de libérer une place dans l’effectif. Car avec deux joueurs partants (Silva et Harkless) et un arrivant (Bjelica), Miami s’offre la possibilité de se renforcer pour la suite. Le départ de Harkless n’est pas conséquent tant il est sorti de la rotation et a affiché un niveau sportif catastrophique et la perte de Silva n’est pas non plus très grave tant le projet touchait à sa fin malgré la belle histoire.

Pour terminer, quelques petites informations sur Bjelica: il est payé 7,5 Millions de dollars cette année et est free-agent à la fin de la saison. Il portera à Miami le numéro 70.

2) La tentation Kyle Lowry

C’était LA rumeur des 24h qui précédaient la limite de transfert. Kyle Lowry était de loin le joueur favori de tous pour rejoindre le Heat, et même lui n’était pas insensible (bien au contraire) à l’appel du soleil Floridien. Pour cela, plusieurs différents packs ont été estimé et imaginé par les nombreux fans et de nombreuses rumeurs sortaient tout au long de la journée.

Il était ainsi quasi certain que, si transfert il y avait, Duncan Robinson serait du voyage et que certains salary fillers (joueurs avec gros contrats pour équilibrer le transfert) l’accompagneraient. Bien évidemment, Precious Achiuwa a pu être discuté, Kendrick Nunn a pu être débattu mais le réel facteur X du transfert était Tyler Herro.

Tout le monde savait depuis quelques heures que c’était ce qui allait faire pencher la balance et la réticence de Pat Riley et Andy Elisburg de lâcher le jeune sophomore court-circuitait tous les plans. Ainsi, Toronto a lancé dans la balance les Sixers, aussi rapidement sortis des rumeurs que rentrés (aussi à cause de la récupération de George Hill), mais surtout les Lakers qui étaient les finalistes avec les Floridiens.

Mais dans le même intérêt, Toronto souhaitait Dennis Schröder, Kentavius Caldwell Pope (ce que les Lakers auraient été prêts à accepter) mais aussi Talen Horton-Tucker, qui à l’image de Tyler Herro était le facteur X que l’équipe Californienne ne souhait pas lâcher.

Ainsi, le trio se retrouvait bloqué et personne ne voulait bouger. Ce que l’on apprend quelques heures après la limite de transfert d’après Adam Borai c’est que dès la veille, Pat Riley avait annoncé le pack. C’était Duncan Robinson, du salary filler et c’est tout. Evidemment, Pat Riley a souvent (toujours?) eu la lucidité de ne pas lâcher le morceau pour ne pas faire l’erreur qui couterait beaucoup au Heat. C’est ainsi qu’aucun des deux camps, malgré des rumeurs de plus en plus persistantes, n’a lâché le morceau et qu’aucun mouvement n’a été fait entre les Raptors et le Heat, contrairement à ce que tout le monde pensait/espérait. Pat Riley avait annoncé que cette offre était l’offre finale et qu’il ne bougerait pas. Toronto ne l’aurait pas cru et pensait qu’il (ou les Lakers) allait craquer au Buzzer, en vain. C’est ainsi que Kyle Lowry est encore un Raptor aujourd’hui.

3) la surprise Victor Oladipo

Alors que tout le monde pensait logiquement que “tout” était terminé, le tweet du Woj est sorti de nulle part à 20h08, rapidement suivi par Shams Charania qui annonçait tout le transfert : Oladipo réalise son souhait et rejoint Miami contre Avery Bradley, Kelly Olynyk et un swap de pick en 2022 (échange de pick).

L’histoire était dans les tuyaux depuis de nombreux mois et il ne faisait plus aucun doute que Oladipo souhaitait venir jouer à Miami. Cependant, pendant de longues semaines, Houston demandait beaucoup trop en contre-partie pour voir le Heat monter un transfert. Et alors que tout le monde pensait les discussions mortes dans l’oeuf, le deal est sorti de presque nulle part. Presque ? Oui car en marge de la tentative de transfert avec Lowry, Pat Riley et Andy Elisburg avaient dans leur poche arrière un plan B du nom de Victor Oladipo. Une fois le transfert de Lowry non abouti et le couteau sous la gorge pour finaliser un transfert avant l’horaire imposé, Miami s’est ainsi replié vers Houston pour réaliser le trade de l’ancien Pacer.

Ainsi, c’est le fantôme de Avery Bradley qui, à cause de trop nombreuses blessures n’a jamais pu faire son trou du côté de Miami malgré un bon niveau lors de sa présence sur les terrains, et Kelly Olynyk (remplacé donc par Bjelica) qui prennent la direction de Houston. En plus de ces deux parties physiques, un swap de pick 2022 vient s’ajouter au tout. Un pack assez fou quand on sait le niveau qu’a pu avoir Oladipo il y a encore peu de temps. De plus, et c’est aussi là où Riley est fort, le swap est protégé dans lottery !

D’un point de vue émotionnel, le départ d’Olynyk, malgré tout ce qu’il a pu apporter et son professionnalisme sans faille, réjouis de nombreux fans. Et l’arrivé d’Oladipo rajoute une double dose de bonheur à tout cela.

D’un point de vue sportif maintenant, ce mouvement va beaucoup apporter. D’une part, il ajoute cette troisième star à l’effectif…

D’une seconde part, on récupère un joueur au niveau minimum intéressant étant donné sa capacité à défendre sur les “petits” adverses. Ce qui sera déterminant sur les prochains mois est son niveau maximal. Aujourd’hui, le niveau offensif de Dipo est difficile à estimer. Il semble bien en deçà de ce qu’il a pu faire mais d’un autre côté, il était depuis 18 mois dans des conditions qui ne lui convenaient pas ou difficiles pour jouer au basketball (On ne mentionne personne sinon les fans des Rockets vont s’énerver). Le voir arriver à Miami, où il souhaitait plus que n’importe quelle autre équipe jouer, dans un effectif certes en difficultés ces derniers temps mais avec du talent et un bon niveau moyen, le tout avec deux autres porteurs de balle (minimum) permet d’avoir de nombreux espoirs.

Car Victor Oladipo est capable de très bonnes choses offensivement. Scoreur triple niveau (malgré un pourcentage aux pull-ups 3 faible (28%)), il est aussi capable de ressortir la balle et de faire jouer les autres. Quand on sait que Jimmy Butler apprécie beaucoup le fait de n’être pas forcément l’initiateur offensif mais bien d’être l’intermédiaire ou le finisseur des actions, c’est une notion importante. De plus, si son pourcentage aux pulls-ups (tirs après dribbles) est faible, celui sur catch-and-shoot (tir direct après avoir reçu le ballon) est très bon: 39%.

Pour conclure, il existe encore de nombreuses questions sur le niveau actuel de Oladipo mais son investissement futur et son “fit” dans l’équipe est là. De plus, il est en fin de contrat cet été et pour le moment, aucune offre de prolongation n’a été faite. Le fait de trader en milieu de saison pour lui, permet au Heat de se donner 3 mois pour véritablement se faire un avis sur son niveau sportif et son apport dans cette équipe avant de prendre la décision cet été (où Miami aura les bird rights). Là encore, c’est “tout benef'” pour Miami.

Pour terminer, petite info aussi pour Oladipo: il portera le numéro 4.

4) Le marché des buyout

Pour conclure ce papier, projetons nous un peu dans le futur. Avec une place dans l’effectif libérée dans le transfert de Bjelica et une libérée dans le transfert de Victor Oladipo, le Heat s’offre deux “spots” pour le marché des Buyouts (joueurs libérés de leurs contrats et pouvant signer n’importe où), afin de remplir les besoins sportifs restants.

Pour le moment, de nombreuses rumeurs sont sorties mais toutes sur le même joueur: LaMarcus Aldridge.

L’intérêt de l’équipe pour ce joueur est tout à fait logique tant celui-ci apporterait dans une équipe qui manque de taille et qui joue plutôt lentement. Sur certaines séquences, LMA serait un apport non négligeable. Et d’après la majorité des insiders NBA, Miami était son choix numéro 1 mais les dernières prestations de l’équipe et l’appel de la bague en ont décidé autrement: LMA rejoint les Brooklyn Nets

Pour compléter la liste d’idées, Andre Drummond (qui semble promis aux Lakers) est une infime possibilité, tout comme Gorgui Dieng qui semble être le meilleur fit sportif possible pour un joueur imposant à l’intérieur et capable de s’écarter. Mais la course sera rude pour l’ancien Grizzlie qui n’a peut être aucune envie de venir jouer chez nous.

De grands travaux restent donc à faire et plus encore, de un grand chantier attend Spoelstra avec les joueurs déjà présents. Mais ça, c’est une autre histoire.

Fan du Heat depuis la belle époque du Big Three, je me balade souvent sur le site InsideBasket pour développer d’autres écrits que ceux de Miami, voire sur InsideTheHoop pour discuter entre amis.

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